Les équipes de plongée de la Protection civile forment une grande famille

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Ereignis
Faisons connaissance avec l'équipe de Brasschaat : en 1972, la Protection civile a commencé à travailler avec des plongeurs pour effectuer certaines tâches. Il faut fêter cela, un événement est prévu à cette fin d'année à Crisnée.
plongeur de Brasschaat

En Flandre, une équipe de plongeurs a été reformée en 2019 après une interruption de 15 ans parce qu’ il y a eu entre-temps trop d'interventions pour une seule équipe. Quatre plongeurs composaient alors cette équipe en Flandre, à laquelle sept autres plongeurs se sont ajoutés.

 

 

 

Dirk van Tendeloo est responsable de l'équipe à Brasschaat.

 

Pouvez-vous nous présenter l'histoire de l'équipe de plongeurs de Brasschaat ?

J'ai moi-même commencé à la Protection civile en 1993. C'est Jan Geenen, entre autres, qui a lancé le projet d'équipe de plongée à l'époque. Les interventions et méthodes étaient alors en majeure partie identique à aujourd'hui. Le matériel, lui, a par contre pas mal évolué. Un bel exemple de cette évolution est la communication. Par le passé, la communication avec le plongeur se faisait en tirant sur une corde entre le plongeur et le collègue sur le bateau. Aujourd’hui, on travaille avec un masque intégral avec micro, permettant de se parler. Un autre exemple de modernisation est la manière dont on recherche un véhicule. Par le passé, les gens utilisaient un hameçon triple pour se déplacer sur le fond, une méthode qui souffrait souvent des courants et du vent. Nous sommes maintenant assistés du service d’appui spécialisé de la Police de la navigation. Ils disposent d'un sonar plus puissant et de l'expertise nécessaire pour rechercher des véhicules et des corps sous l'eau. L'équipe de plongeurs de Brasschaat a été supprimée à l'époque parce que les plongeurs étaient des personnes des équipes avec une spécialisation supplémentaire. À un moment donné, cette méthode pesait trop lourd sur le fonctionnement régulier et l'équipe de plongée a donc été dissoute.

Aujourd'hui, une équipe est de nouveau opérationnelle. Êtes-vous suffisamment équipés ?

Nous avons maintenant à peu près le même matériel qu'à Crisnée. Nous avons tous suivi la formation intervention plongeur auprès des collègues de Crisnée. C'était le début d'une collaboration importante qui doit absolument se poursuivre selon nous. Pouvoir nous entraider en termes d'effectif, de matériel et d'expertise lors des interventions constitue un avantage considérable.

Quelle formation préalable faut-il avoir pour pouvoir travailler en tant que plongeur pour la Protection civile ?

Vous devez déjà être un plongeur 2 étoiles selon le système NELOS ou Padi-advanced selon le système du même nom avant de pouvoir postuler pour l'équipe de plongée. Nous savons ainsi que les candidats disposent déjà d'une base solide. Elle est suivie d'une formation de base de 10 jours pour obtenir le brevet de plongeur d'intervention. Pendant cette formation, nous apprenons à travailler avec tout le matériel et on nous enseigne diverses méthodes de recherche.

Comment procédez-vous pour récupérer un véhicule ?

Nous effectuons une reconnaissance des véhicules sous l'eau , essayons de vérifier les plaques d'immatriculation et veillons à perdre le moins de preuves possible. Lorsque nous ramenons un véhicule à la surface, nous tentons, dans la mesure du possible, de le faire en le maintenant à l'horizontal afin de ne perdre aucun élément se trouvant dans le véhicule. Lorsqu'un véhicule est trop loin du rivage pour être hissé, des ballons de levage sont utilisés pour ramener le véhicule à la surface. Une fois à terre la voiture est soigneusement nettoyée et son contenu examiné sous la direction de la police. Le nettoyage du véhicule est effectué par nos collègues qui sont prêts avec un camion-citerne pour nettoyer le véhicule par pulvérisation et avec un équipement d'extraction pour ouvrir le véhicule si nécessaire.  Tout cela permet d’ identifier le véhicule. 

plongeur en intervention

 

Comment se passe la coopération avec l'équipe de plongée de Crisnée ?

Nous coopérons très bien ensemble. Plus encore, notre coopération peut servir d'exemple. En octobre, nous avons suivi une formation ensemble appelée 'Surface Non Libre 2'. Pendant cette formation, les participants apprennent à plonger dans des situations où il n'est pas possible de remonter directement à la surface parce que vous êtes en train de plonger, par exemple dans une grotte, un parking inondé ou un navire coulé. Il y a deux niveaux : un sur lequel vous pouvez aller à 60 mètres de profondeur dans des structures inondées, et un sur lequel vous plongez jusqu'à 200 mètres. La formation peut s'avérer utile pour les recherches sous les murs des quais ou les navire. Cependant, une formation supplémentaire pour les navires coulés serait un plus.

Comment la formation aborde-t-elle les dangers ?

Nous sommes bien conscients des dangers qui existent sous l'eau. En 2011, par exemple, nous avons malheureusement eu un accident mortel impliquant un de nos collègues de Crisnée. Les choses ont complètement dérapé lors d'une recherche dans un complexe d'écluses. Nous nous sommes alors encore plus engagés pour veiller à la sécurité et à la bonne évaluation des dangers sous l'eau. L'année passée, nous avons par exemple nous nous sommes tous allés dans la piscine de plongée spécialisée TODI (Be-Mine, Beringen) pour nous exercer dans des situations dangereuses. Par conséquent, une reconnaissance approfondie et une analyse des risques sont effectuées sur place au niveau des fermetures, des barrages, des déversoirs et d'autres dangers inconnus. Les opérations d'autosauvetage et de sauvetage d'un membre de l'équipe sont également pratiquées dans différentes conditions.

Comment gérez-vous les interventions ?

L'année passée, nous avons effectué une dizaine d'interventions, remontant à la surface un total de 70 véhicules et 22 corps. Nous avons également remonté de nombreux autre objets tels que des armes, des GSM et des ordinateurs. Étant donné que nous arrivons en deuxième sur les lieux, nous savons que nous n'effectuons pas de mission de sauvetage et que nous trouverons personne de vivant. On peut s'entraîner, mais la réalité est toujours différente. Mais en tant qu'équipe soudée, on en parle aussi et c'est important pour que le plongeur en question puisse se s'exprimer directement. Nous nous comprenons.

Comment se passe la coopération avec les équipes de plongeurs des services d'incendie ?

Les pompiers sont responsables des sauvetages pendant la première heure, lorsque la victime a encore une chance de survivre. Nous sommes appelés après, lorsqu'il n'y a plus d'espoir que la victime soit encore en vie. Il s'agit alors d'une opération de récupération, qui nécessite des recherches et des plongées d'une toute autre nature (forensic, conservation des traces). Nous avons donc chacun une tâche spécifique.

Quel est l'incident le plus difficile et le plus frustrant auquel vous avez dû faire face ?

Ce sont les interventions où on ne trouve pas la victime. Nous analysons alors pourquoi. 

Nous coopérons très souvent avec la Cellule personnes disparues de la police fédérale dirigée par Alain Remue. Cette coopération se passe très bien. La coopération avec la DVI ou Disaster Victim Identification team de la police fédérale, qui est chargée de l'identification des corps, se déroule aussi très bien.

intervention des plongeurs avec la police

 

D'autres inconvénients du métier ?

Plonger en hiver est moins agréable. L'eau froide a divers effets négatifs sur l'organisme du plongeur. C'est une des raisons pour lesquelles nous portons toujours une combinaison étanche et des sous-vêtement bien isolants pour plonger. Néanmoins, il se peut qu'on ait froid aux mains, ce qui rend le travail sous l'eau très difficile.
Un autre exemple est si vous devez chercher pendant plusieurs jours d'affilée un petit objet, comme une arme, sans résultat immédiat.

À quoi ressemblera l'équipe de plongée dans dix ans ? 

Si le contexte actuel reste le même, nous aimerions certainement continuer à travailler avec les collègues de Crisnée. Il y a le grand avantage d'avoir plus d'interventions et l'on peut aussi bénéficier d'un back-up. Nous voulons continuer à nous spécialiser et à innover grâce à des formations telles que la "surface non libre" à laquelle nous avons récemment participé en France. Et aussi en termes d'équipement, comme le système GPS sous-marin récemment acheté qui permet de suivre la trajectoire du plongeur pendant une recherche.

Et continuer à toujours innover : pour nous aussi, si on n'avance pas c'est qu'on recule.

équipe des plongeurs de Brasschaat

 

Un dernier mot ?

Nous sommes fiers de notre travail et nous sommes particulièrement heureux de travailler avec nos collègues de Crisnée. Nous sommes très heureux de jouer notre rôle dans une collaboration unique entre différents services ici en Belgique pour mener à bien toutes les recherches. Nous tenons donc à remercier tous les services qui collaborent avec nous : le TST (service d’appui spécialisé), la Cellule personne disparue, la Police, le Parquet, la SPN (Police de la Navigation), la DVI, ...